Différences culturelles et marketing viral par ING Direct

J’avais repéré il y a quelques jours le site de marketing viral mis en ligne par ING Direct (agence Buzzman). Le concept repose sur un créateur de mode (Pascal Humbert) qui propose une collection pour les gens gagnant plus de 80 k€ par an. Le ton décallé peut paraître marrant ou de mauvais goût, cela dépendra… des goûts justement !

Je vous laisse juger par vous même :

Vodpod videos no longer available.

Ce qui me pousse à écrire ce billet aujourd’hui, c’est que je suis tombé sur un autre dispositif viral, mis en place par ING Direct également mais pour la Belgique (agence Emakina). Celui-ci est en total décallage avec le site français : on passe de l’univers de la mode à celui des toilettes publiques. Le porte parole de la marque n’est plus un grand couturier mais une madame pipi !

Encore une fois, jugez par vous même :

Vodpod videos no longer available.

D’un point de vue viral, je trouve cette seconde campagne plus pertinente que la première car les moyens de relayer le site sont plus nombreux et mieux amenés. (J’adore « une fille ne va jamais seule aux toilettes, invitez une copine »…)
Autre point intéressant : il s’agit d’un bel exemple d’intégration de la navigation dans une vidéo. Pour plus de détails à ce sujet, je vous invite à lire cet article posté ce matin sur le blog Ecreative Garden.

Alors ? Quelle campagne vous touche le plus ? Laquelle met le plus en avant les bénéfices de la banque en ligne ?

Pour en savoir plus :
Un article parlant du site 80K+

Seam Carving – rsizr

Si comme moi vous aviez été très impressionné par la vidéo montrant les possibilités du programme de redimensionnement d’images intelligent Seam Carving, vous serez ravis d’apprendre que vous pouvez testé l’outil en ligne via une interface Flash : sur lel site rsizr (avec un joli logo 2.0 🙂 )

Sinon, je vous laisse découvrir la présentation du logiciel ci-dessous avant d’aller vous amuser avec vos images…

Un e-mail anniversaire original

Les e-mails souhaitant un joyeux anniversaire à l’expéditeur sont assez répandus. Dell se distingue en envoyant un e-mail pour célébrer l’anniversaire de l’achat d’un ordinateur.

La démarche est vraiment originale et peut engendrer des ventes additionnelles, la personne ayant eu le temps de s’approprier son PC et souhaitant éventuellement le mettre à jour ou acheter des périphériques.

dellhappybdaysm.gif

Source : The Email Wars

Les nouvelles technologies au centre de la relation client

Trois études publiées ce mois-ci montrent que les consommateurs sont de plus en plus critiques sur la qualité de la relation client que leur proposent les entreprises ; et qu’ils attendent plus de contact via les nouvelles technologies de l’information.

Voici un résumé des chiffres publiés par l’Union Française du Marketing Direct qui fait le point sur les dépenses des entreprises françaises en marketing direct en 2006 et qui met en avant une présence toujours accrue des nouvelles technologies :

L’étude montre que les investissements en marketing direct des entreprises françaises ont progressé de 6,4% en 2006 pour atteindre 40% des dépenses publicitaires de annonceurs (12,3 milliards d’euros).
Les supports traditionnels papiers concentrent toujours plus de la moitié des investissements. Les budgets réservés au marketing téléphonique enregistrent une progression de près de 7%, mais c’est Internet qui explose litéralement avec 41% de progression. Cela représente 500 millions d’Euros investis en bannières et liens commerciaux… et même plus si l’on compte les budgets référencement, e-mailing, affiliation, etc…
Le développement du marketing direct passe également par sa présence sur les média traditionnels (télévision, presse et radio) : +13% pour un total de 3,7 milliards d’Euros. De plus en plus, les messages passés sur ces supports renvoient vers des numéros ou des sites Internet. Ils deviennent donc de véritables relais de traffic. Cette tendance devrait se confirmer dans les prochaines années et le marketing direct renforcer son importance dans la straégie de communication des entreprises.

Ok, tous ces chiffres sont encourageants et montrent que les nouvelles technologies sont de plus en plus intégrées dans les multiples points de contact entre les entreprises et leur clients, mais est-ce suffisant ? On peut se poser la question en lisant l’étude suivante qui bien que ne portant pas sur le marketing direct met tout de même en avant le contact client via les nouvelles technologies :

Une étude internationale menée pour une filiale d’Alcatel-Lucent montre que 61% des personnes interrogées estiment que les centres d’appels réalisent un meilleur travail qu’il y a 3 ans… Mais que de nombreuses frustrations subsistent. Notamment la durée d’attente. Les interrogés proposent même des solutions : 96% aimeraient être rappelés dans les 10 minutes plutôt que d’attendre ce temps…
L’étude rappelle comment la relation client est un facteur critique de satisfaction et de rentabilité : 74% admettent qu’un contact de qualité les incite à passer d’autres commandes alors que 62% reconnaissent que la dernière fois qu’ils ont quitté un fournisseur, c’était à cause d’un mauvais service client…
L’étude montre également que la réactivité est un facteur critique pour les consommateurs ; et qu’ils sont de plus en plus nombreux à apprécier (voir demander) une réactivité rendue possible par les nouvelles technologies du type SMS, chat, e-mail… (notamment pour les personnes françaises intérogées).
Enfin, ces chiffres éloquents : 90% auraient une meilleure opinion de leur fournisseur s’ils recevaient un appel pour les remercier ou s’enquérir de leur satisfaction suite à leur achat… ils ne sont que 40% à avoir été contactés de la sorte !

On voit ainsi qu’il reste encore beaucoup de travail pour anticiper les demandes clients et que les nouvelles technologies apparaissent comme un moyen privilégié de contacter et de fidéliser ses clients. D’autant que la satisfaction d’un client aura des répercutions indéniables sur les ventes et l’image de marque de l’entreprise :

Une dernière étude réalisée par Nielsen auprès de 26 486 internautes dans le monde montre que 78% estiment que la recommandation d’un autre consommateur est la source la plus fiable pour un conseil sur un achat. Ainsi, on peut relativiser l’importance de la publicité dans le processus d’achat au profit du bouche à oreille qui doit aujourd’hui s’inscrire dans toute stratégie de communication. (Ceci est particulièrement vrai pour les pays européens, les asiatiques restant encore très majoritairement sensibles à la publicité.)

Ces trois études nous montrent que les nouvelles technologies sont aujourd’hui au centre de la relation client mais que de nombreux efforts doivent encore être fournis. Les consommateurs sont de plus en plus exigeants quant à la qualité de la relation proposée. Les investissements relatifs aux nouvelles technologies sont donc à mettre directement en parallèle avec la hausse de rentabilité résultant de l’amélioration de la qualité du service client.

Sources :
Union Française du Marketing Direct
CultureBuzz
RelationClient.Net

Bien préparer sa campagne e-mailing

Une campagne e-mailing se déroulant sur une longue période demande un peu plus de préparation que le développement d’un e-mail ‘one-shot’.

Voici quelques fondamentaux à ne pas oublier pour mettre en place une campagne efficace :

1 – Planifier les périodes d’envoi :
En interne : essayer de planifier les ressources nécessaires aux différents envois. Cela peut sembler basique, mais il est important de mettre en place un planning et de le tenir à jour si l’on ne veut pas décaler ses envois.
En externe : de la même façon, il est utile d’avoir un calendrier sous les yeux pour identifier les périodes de l’année où les cibles seront moins facilement atteignables (vacances, ponts, etc…) et de modifier la fréquence des envois en conséquence (voir plus bas).

2 – Construire et planifier la cohérence du message :
Une campagne peut avoir un ou plusieurs objectifs fixés avant son lancement : recrutement, développement des ventes, information, etc… A chaque objectif correspond un type d’e-mail et une action associée.
Cependant, ces différents e-mails doivent garder une certaine cohérence dans leur message et / ou leur design pour une même cible. Il peut également être intéressant de planifier un minimum la campagne pour que les objectifs soient établis dans l’ordre (recrutement avant développement des ventes).

3 – La fréquence
De la même façon que pour une newsletter, il est peut être intéressant de planifier la fréquence d’envoi des e-mails de la campagne. Ni trop souvent pour ne pas poluer les messageries et irriter les lecteurs, ni trop espacés pour bien rester présent dans leur esprit. Tout dépend du type de message et du secteur.
Il est plus efficace de définir un jour de semaine du mois ayant été identifié comme donnant de bons rendements (cela aussi dépend du secteur… il ne faut pas hésiter à tester sur les premiers envois). Il vaut mieux éviter les dates fixes (du type le 1er et le 15 de chaque mois) car ces dates peuvent correspondre à des jours non-ouvrés.

4 – Les relances
Si la campagne est composée d’e-mails dont les sujets se suivent, que se passe-t-il si un lecteur n’a pas ouvert l’e-mail précédent ?
Pour éviter toute mauvaise surprise ou mauvaise compréhension du message, renvoyer l’e-mail précédent aux personnes ne l’ayant pas ouvert (attendre 72 heures minimum) est une bonne solution. Mais attention : il ne faut pas non plus que cette relance se retrouve trop proche du prochain e-mail !

5 – La conclusion
Lorsque la campagne est sur le point de finir, il faut que le dernier e-mail clôture dignement l’ensemble de l’opération. Il pourra remercier les lecteurs pour leur participation par exemple, les inviter à suivre la prochaine campagne, etc… C’est également une bonne opportunité pour transformer les lecteurs en clients en leur proposant un contact direct ou un achat immédiat…

Ces conseils vous ont été utiles ?
Je vais essayer de publier régulièrement d’autres billets sur ces sujets… J’attends vos commentaires…

Axe, spécialiste du marketing viral

Axe (Lynx en anglais), la marque de déodorants pour hommes du groupe Unilever, se distingue de ses concurrents depuis quelques années par une communication résolumment décalée. Qui ne se souvient pas des pubs ‘plus t’en mets, plus t’en as’ ? Mais Axe ne s’arrête pas là et a mis en place tout un dispositif de marketing viral qu’il personnalise parfois selon les pays. Voici un petit d’horizon des différents dispositifs.

Les sites dédiés :
Pour promouvoir le lancement d’un nouveau déo ou gel douche de la gamme, Axe met généralement en place un site dédié contenant des goodies sur le dernier produit : publicité inédite en streaming, fonds d’écran, etc…
Certains sites n’ont pas de rapport direct avec la marque au premier abort, ce qui permet de renforcer encore l’aspect décalé. Ainsi, le site du MRF (Mouvement pour le Rechauffement de la Femme (sic!) ) présente trois mâles attardés qui donnent des conseils hilarants de drague.

Les advergames :
Parfois on trouve également sur ces sites un mini-jeu viral. Les jeux ont une conception assez simple, sous forme de petites animations Flash (Axe Feather) ou de tests (Axe Love Machine) à l’intérêt un peu limité il est vrai. Le dispositif viral est simplement assuré par un lien ‘envoyer à un ami’, toujours dans le but d’accroître la base de données de contacts.

Les films personnalisables :
Ce genre de film permet d’intégrer sa photo et son nom (ou ceux d’un ami) directement sur la vidéo avant de l’envoyer à l’ensemble de ses amis. C’est un dispositif viral remarquable puisque facile à réaliser, personnalisé et souvent assez irrésistible à envoyer. La durée du film garantit également une bonne mémorisation du message. Axe avait lancé en début d’année le film-reportage ‘Que se passe-t-il à Ravenstoke ?’ ou l’on voyait les effets du déo pulvérisé par avion sur une bourgade du d’Alaska et les conséquences pour le gent féminine locale… Le film ci-dessous n’est pas personnalisé, mais on pouvait remplacer la tête du pilote de l’avion par celle d’un ami…

Evenementiel :
Vu que tout le positionnement produit est centré sur le pouvoir d’attirance du déo, quoi de mieux qu’une soirée avec pleins de filles sexy pour prouver que la pub ne vend pas que du rêve ? Axe a organisé cette été sur les plages françaises les soirées Axe Boat sur un yacht transformé en boite de nuit pour l’occasion… Cet événement était lui aussi rataché à un site dédié et les invitations se faisaient via un dispositif viral.

Déclinaison internationale :
Il est très interessant de faire un petit tour sur le site japonais d’Axe. On constate qu’en gardant le même message du pouvoir de séduction, les publicités sont vraiment différentes (moins machos diront certains…) que les publicités européennes. Une constante cependant : pour bien mettre en avant le côté européen du produit, il est généralement présenté par une européenne (ce qui au Japon ne passe pas inaperçu et n’est pas vraiment dans la culture). La façon de présenter le produit est également plus pédagogique et informative alors qu’en Europe les spots mettent plus en avant l’aspect ‘incontrôlable’ provoqué par les senteurs d’Axe.
Enfin, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager le petit bijou d’advergame ‘Axebusters‘ qui a été mis en ligne sur le site. Un FPS joliment réalisé, à l’ambiance très manga, où le but est d’enlever les pinces à linge que les filles mettent sur leur nez pour ne pas succomber au parfum Axe. Totalement délirant !!!

axebusters.jpg

In rainbows ou un business model artistique fondé sur la relation client

Radiohead lance son nouvel album aujourd’hui. Intitulé ‘In rainbows’, il n’est pour l’instant que téléchargeable sur Internet, sur un site dédié. Cette démarche est déjà originale pour un groupe de cette notoriété, mais Radiohead va encore plus loin en laissant les Internautes décidé du prix de l’album.

in-rainbows.jpg« Joli coup marketing » peut on lire un peu partout sur le net. Cette démarche assure en effet un gros buzz, mais le dispositif marketing va plus loin que ça :

– pour télécharger l’album, les internautes doivent laisser leurs coordonnées. Ils entrent donc dans la base de données des ‘fans’ de Radiohead et pourront être sollicités ultérieurement pour des produits dérivés ou des concerts (principales sources de revenu pour des groupes de ce type). Faire découvrir son travail et le partager avec le plus grand nombre gratuitement est d’ailleurs un très bon dispositif de recrutement.

– un double album collector (le 1er CD inclus les chansons en téléchargement et le 2eme CD rassemblera des pistes inédites) vendu au prix fort (40£). Un pur produit pour fans qui sortira dans un mois. L’édition collector est en pré-résérvation sur le site. Cela veut dire que le groupe pourra aussi anticiper la production de l’album en calculant les coûts au plus juste : très important pour un album auto-produit.

Enfin, cette initiative de Radiohead consacre le nouveau business model artistique. Si de nombreux artistes (musicaux ou autres) donnent de la visibilité à leur travail sur Internet (ex: Arctic Monkeys ou Frantico en BD), ils rejoignent souvent le système classique éditeur / circuit de distribution dès qu’ils sont un peu connus. L’initiative de Radiohead est un gros coup en pleine poitrine des maisons de disques et des réseaux de distribution :

– Ils reviennent aux bases du système d’échange de l’art. Un peu comme les artistes qui jouent dans la rue (je ne parle pas du métro 🙂 )ou lors de festivals indé et qui y vont surtout pour partager ce qu’ils font. Souvent les spectacteurs peuvent les rétribuer comme ils le veulent. Car même si l’album sera surement majoritairement téléchargé à 1 penny, d’autres seront prêts à donner 10£ à leur groupe préféré. D’autres enfin apprécieront la démarche et paieront le prix qu’ils estiment juste pour un album en ligne (comparé au prix des albums CD).

– Ils montrent de la considération pour leur base de fan en s’adressant directement à eux.

– Ils vont éviter que leur album soit totalement dévalorisé 6 mois après sa sortie, passant de 17€ à 6,99€…

– Ils vont éviter que leur album soit massivement piraté

Bref… Radiohead confirme que les artistes peuvent se passer des maisons de disques et des réseaux de distribution grâce à Internet et à des campagnes de promotion bien menées auprès des communautés de fans. Ils ont quitté leur maison de disque après ‘Hail to the thief’ car ils ont jugé qu’elle était devenue un intermédiaire inutile. Nous pourrons juger d’ici quelques mois si ils ont fait le bon choix, mais j’ai confiance en cette démarche et je leur suis reconnaissant de vouloir faire bouger les choses.

Un autre article intéressant sur le sujet (en anglais) ici